Prologue :L’herbe jaune de la prairie s’étandait à perte de vue, elle d’ordinaire couleur d’or était maculée de rouge.
Le sang avait coulé, sur des kilomètres s’étalaient des centaines de cadavres de loups.
Un carnage, un véritable carnage.
Au milieu du carnage se tenait une louve noire et rousse. Dans l’obscurité crépusculaire, elle semblait aussi pourpre que le sang des victimes. Son pelage ondulait dans le vent de la plaine et ses grand yeux de cobalts sintillaient dans la nuit tels deux étoiles. Des astres mouillés, elle pleurait. Elle
avait à peine dix lunes. Dix lunes et elle se tenait là, devant tant de morts, les larmes aux yeux.
« Y a-t-il âme qui encore vivent ici ? »Cette sombre pensée fit refluer les larmes dans ses yeux bleus.
Brusquement un appel résonna dans le lourd silence de la clairière.
« Plume d’Eté ! Ma fille ! Viens… »
Affalée sur le sol, baignant dans son propre sang, une vieille louve grise l’appelait.
« Mère ! Je suis si heureuse de vous trouver en vie ! S’exclama la louve noire et rousse.
_ Ne te réjouit pas trop, dans moins d’une heure j’aurais rejoint mes ancêtres… et mes enfants…
_ Vos enfant ?! s’exclama Plume d’Eté, surprise.
_ Il les a assassiné ! Il ne reste plus que toi…
_ Qui ? Qui les a tué ?! Hurla la louve, folle de rage.
_ Griffe Rousse. Souffla la mère. Ne le laisse pas devenir chaf ! Je t’en prie…
_ Mais… il est Bêta ! EtjJe… je ne peux pas devenir chef… gémit-elle.
_ Je sais ! La coupa la vieille louve. Mais le temps presse, il te faut retrouver ta sœur !
_ Ma sœur ? Mais quelle sœur ?
_ Je t’ai menti, à toi et au clan… et je n’en suis pas fière mais… La lune dernière j’ai eu cinq et non quatre petits.
_ Mais où est-elle alors ? Lune Grise ?
_ Je l’ai confié à son père. Murmura Lune Grise.
_ Qui est-ce ?
_ Un chien… le dernier souffle de l’Alpha fut accompagné d’un regard suppliant à l’égard de sa fille.
_ Mère ? Nooooooon !!! »
Le hurlement de douleur de l’orpheline vint de perdre dans la forêt, déchirant les cœurs des arbres. Plume d’Eté boita jusqu’à n’être plus qu’à une longueur de souris de Lune Grise. Elle se coucha près d’elle, le museau enfouit dans la crinière de son encolure, et, tout en pleurant, jura de la venger.
L’apprentié guérisseuse pleura sa mère toute la nuit.
Si tu es triste regarde les étoiles, je serais auprès de la déesse Lune…Chapitre 1er :Shercka dormait profondément. Son flan se soulevant au rytme de sa respiration régulière. Cachée sous un buisson, dans un parc ou les Deux-Pattes promenaient leurs petits. Le bruit d’une course se fit entendre et un petit chien brun déboula dans sa tanière.
« Shercka ! Shercka !
_ Hein ? Quoi ? Questcequicepasse ? gromela la chienne dont la bouche était encore pâteuse. Ça peut pas attendre ?
_ Les Teufteufs ont attrapé Looki !
_ Quoi ?! S’exclama-t-elle. Looki ? Encore ?
_ Ouiii !! Vite, vite ! »
Looki était le jeune frère de Shercka. Et elle avait promi à son père de veiller sur lui !
La chienne se leva, avec difficulté certes, mais se leva tout de même. Elle se gratta l’oreille de sa large patte et se piqua à une des épines de sont collier.
Elle s’élança alors à la poursuite de Charlot. C’était un batard avec pour mère une cavalier king charles et pour père un chiuahua, ce qui donnait un chien d’une taille assez négligeable.
« Quand est-ce arrivé ? Demanda Shercka, sans s’arrêter de courrir.
_ Il y a une demi heure environ.
_ Quand je l’ai trouvé il semblait sonné et n’a pas pu se défendre ! gémit Charlot.
_ Quel boulet ! S’exclama son amie, agacée. Mais ne m’écoutera-t-il donc jamais ?! je lui avait dit de rester à la maison…
_ Je doute qu’il t’obéisse un jour ! plaisenta le petit chien. »
Shercka lui intima de se taire d’un simple regard. Ils étaient arrivés. Face à eux se trouavient deux colosses. L’un était blond et dégarni, tandis que l’autre avait une toison brune frisée. Les deux hommes les observaient d’un œil mauvais quand l’un d’eux parut effrayé.
« Oh non… pas elle ! gémit-il. Cette chienne à déjà déchiré plus de pantalon que je ne saurais en compter !
_ Oh si… et si on l’attrape on aura une belle prime ! Répondit l’autre en s’avançant vers l’interressée.
_ Si j’étais toi je ne ferais pas ça…
_ Peut-être mais je vais le faire ! Et si tu es trop trouillard pour m’aider… »
La jeune chienne ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase. Elle montrait les crocs en grognant d’un air menaçant, aussitôt imitée par Charlot qui n’obtint pas le même résultat…
Le ramasseur de chien s’approcha pour l’attraper mais Shercka fut plus rapide et bientôt ses puissantes canines déchiraient le pantalon de l’homme. Si celui-ci s’en sortit sans trop de dégats sa dignité, elle, en avait pris un coup.
Elle ricana et aboya de toute la puissance qu’elle pouvait pour montrer sa satisfaction et les faire fuir. Lorsqu’elle fut certaine qu’ils ne reparaîtraient pas, elle s’approcha de la camionette pour aider Charlot à sauver les malheureux pris au piège, dont son frère.
Le jeune chiot regreterait longtemps sa bêtise, car le savon qu’elle lui passa fut d’une rudesse extrème. Quand elle en eu terminé avec les serment, elle vint se coller contre son frère pour lui montrer l’inquiétude qu’elle avait ressenti un peu plus tôt. Elle soupira puis déclara :
« Ne refais JAMAIS ça ! Je me suis fait un sang d’encre pour toi ! Bon… allons nous en !
_ Où va-t-on ? demanda Looki, peunaud.
_ Dans notre planque du port. Lui répondit Charlot. »
Les trois chiens se dirigèrent cahin-caha vers le port, situé près du Grand Lac.
*
Voilà trois lune qu’Espoir d’Eté avait été baptisé guérisseuse. Et elle n’avait, depuis lors, plus reçu aucune visite de sa mère en rêve. La famine faisait rage et si les conflits survenus quelques années plus tôt avaient pris fin, elle craignait le pire pour son clan. La grande louve noire et rousse se roula en boule sur sa litière et ferma les yeux, bientôt enportée par le sommeil.
Elle les rouvrit dans une clairière à l’orée du bois, non loin des territoires des Deux-Pattes. Elle remua les oreilles, anxieuse, ses songes la guidaient rarement aussi loin. Brusquement une odeur familière lui chatouilla les narines. Une grande louve grise se tenait, droite comme un I, devant-elle.
« Mère ? Vous voilà enfin ! Je me languissais de…
_ Tu m’as oublié ! Siffla l’autre.
_ Quoi … mais… non ! Jamais !
_ Si ! Elle est toute proche !
_ Qui ça ? »
L’Alpha déchue ne lui répondit pas. Elle se dirigea d’un pas rapide vers les tanière humaines. Espoir la suivit en courrant.
Lorsqu’enfin sa mère s’arrêta, elle avait le souffle court. Elles se trouvaient devant un lac sur lequel miroitait le reflet de la lune.
La guérisseuse s’ébroua et observa autour d’elle.
Où sommes nous ?
Elle suivit sa mère jusqu’aux hangars face aux quais. De l’un d’eux, ouvert aux quatre vents, s’échapait une odeur qui lui semblait étrangement familière. Elle s’approcha à pas de loup. La rouquine se retourna un instant, sa mère avait disparue.
La jeune louve prit une grande inspiration et pénétra dans le hangar. A l’intérieur, se trouvaient trois chiens. Espoir d’Eté s’approcha un peu plus. Pas trois chiens ! Deux ! Deux chien et une louve… ou plutôt une demie louve. Elle était nettement plus grande que ses deux compagnons et avait un poils brun-roux.
Et si c’était elle ?
La guérisseuse approcha sa patte pour toucher celle qui, peut être allait sauver son clan…
Brusquement tout devint flou, le paysage se mit à defiler à une vitesse extraordinaire et…
Espoir d’Eté se réveilla en sursaut.
« Ce n’était qu’un rêve… »La grande louve s’étira et étouffa un cri de douleur. Elle avait oublié comme sa patte paralysée la faisait souffrir. Maudite bataille… elle n’y avait pas seulement perdu sa mère et ses frères mais également sa patte arrière droite.
La guérisseuse se leva avec difficulté et boitilla vers le centre du camps. Elle s’assit, le nez face aux étoiles.
« Merci, maman… souffla-t-elle. Merci pour ton aide ! Je vais aller la chercher maintenant ! »
Elle leva le nez vers le ciel pour pousser un long hurlement, prière pour la déesse Lune protectrice des loups des quatre clans. La louve allait partir quand un éclat de voix résonna dans son dos.
« Espoir d’Eté ? Où vas-tu ? »
Devant elle se trouvait un grand loup marron et d’un étrange brun tirant sur le vert, qui avait du être dérangé dans son sommeil par le chant de sa guérisseuse.
« Cœur de Dragon ? C’est toi ?
_ Qui d’autre ? répondit le loup en entrant dans un rayon de lune. Où vas-tu ?
_ Je m’en vais !
_ Pourquoi ?! s’étrangla le loup. J’ai… le clan a besoin de toi !
_ Tu te souviens quand je t’ai dis que Griffe Rousse avait tué les petits de ma mère…
_ Oui mais je doute que ce soit vrai… Tu sais elle était sonnée quand elle a dit ça et…
_ Ecoutes moi ! Le coupa-t-elle. Je n’ai pas de temps à perdre pour tes doutes ! Je m’en vais la chercher… Je sais où elle se trouve !
_ Où ça ? murmura Cœur de Dragon.
_ Chez les hommes.
_ Quoi ?! beugla l’autre. Mais tu es folle ! Tu ne vas pas y aller !
_ Oh que si !
_ Oh que non ! Tu imagines le nombre de danger que tu vas devoir affronter, avec seulement trois pattes !
_ M’en fiche. Gromela la louve, bornée.
_ Très bien, mais si un ours nous attaques en route ne me dis pas que je ne t’avais pas prévenu !
_ Nous ? Releva Espoir d’Eté.
_ Biensur ! Tu ne crois tout de même pas que je vais te laisser y aller seule ?! »
La jeune guérisseuse le sonda un instant. Elle connaissait Cœur de Dragon depuis toujours, ils avaient grandi ensemble au sein du clan du Feu, mais elle n’avait jamais vu une telle détermination dans les yeux de son ami. Elle se tourna vers la sortie du clan et se dirigea à pas lent et silencieux vers les Plaines De Feu, derrière le forêt.
Scénario (c) FRAYSSE Laurène & VARRE Sandra
Ecriture (c) FRAYSSE Laurène